Mathieu Blin : "se remobiliser pour chaque rencontre"
Publié le 03/10/2006
Mathieu Blin et les stadistes se déplacent vendredi soir à Montauban, pour disputer la 10ème journée du Top 14. Toujours sur une série de 9 victoires consécutives, le talonneur parisien et ses coéquipiers tenteront de poursuivre leur parcours sans-faute chez les montalbanais. Interview.


La cadence des rencontres semble commencer à peser sur certains secteurs du jeu parisien. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte. Même si nous sommes sur une série de 9 victoires, comme toutes les autres équipes, nous sommes fatigués après avoir enchaîné un cycle de 3 matchs disputés sur une très courte période. L’avantage que nous avons sur les autres clubs, est que le travail peut se faire un peu plus sereinement dans ce contexte de victoire. Mais d’un autre côté, gérer la victoire c’est tout aussi compliqué. Il faut être capable de se remobiliser pour chaque rencontre. Dès que cela ne fonctionne pas bien dans certain secteur de jeu, comme c’est le cas depuis quelques matchs, ça peut énerver, ou dérégler la confiance précédemment acquise. Et puis surtout, nous allons affronter le 4ème du championnat, et ça en dit long sur la qualité de nos adversaires. Montauban 4ème avec 24 points, qu’il soit promu ou pas, ça ne veut strictement rien dire ! La confiance est forcement diminuée quand on va affronter le 4ème du Top 14 chez lui après 10 journées du championnat.

Montauban est réputé pour son énorme paquet d’avants. Allez-vous mettre en place une stratégie ou travailler un secteur particulier avant ce déplacement à Sapiac ?

Il n’y a pas de stratégie contre une équipe qui a marqué pas mal d’essais. Une équipe qui possède une excellente mêlée et un jeu d’avant de qualité. La seule stratégie c’est de ne pas « s’échapper ». Cela concerne la dimension mentale qui est une partie essentielle du rugby. On va jouer contre une équipe qui possède des fondamentaux rugbystiques hyper solide. Cela force le respect.

Vous êtes maintenant à moins de 15 jours du choc au Stade de France contre le champion de France en titre. Est-ce que vous vous projetez déjà vers cette rencontre ?

Quand on se voit le matin à l’entraînement, on ne se dit pas bonjour en se disant « bien joué les gars ça fait 9 matchs qu’on est invaincus ». Avec toute la joie, le privilège, le côté exceptionnel que constitue un match au Stade de France, je préfère ne pas trop m’en préoccuper à quelques jours de ce match à Montauban. Un des facteurs de la performance, c’est d’essayer de prendre chaque match les uns après les autres. Notre métier exige qu’on soit mobilisé semaine après semaine, sans griller les étapes. Et ce n’est pas une spécificité du Stade Français. Bien sûr quand on gagne c’est plus facile. En ce qui concerne la série de victoire, l’invincibilité, ou le stress que peut procurer un Stade de France, c’est surtout les copains, la famille et les médias qui en rajoutent.

Comment vivez-vous l’alternance au poste de talonneur cette saison ?

Cela se passe très bien, mais toujours avec les mêmes frustrations pour chacun. Quand on joue un week-end, on a toujours envie de jouer le match suivant. Le message est toujours le même : quand on ne joue pas un week-end, on s’entraîne deux fois plus que celui qui va jouer. Nous essayons toujours de développer la performance. Cela signifie que celui qui a joué un match sait qu’il va devoir travailler deux fois plus pour rattraper. L’émulation est toujours très saine. Benjamin Kayser nous a rendu un admirable service en ayant joué en 3ème ligne aile contre Albi, et il n’est pas exclu que ce soit également le cas à Montauban. Il cumule le temps jeu et je pense que c’est très bien pour lui. Pour ce qui concerne le match contre Biarritz puisque tout le monde nous pose la question sur qui va jouer : pour l’instant on n’en sait rien…Une rotation a été mise en place, au final ce sont les entraîneurs qui prendront la décision. Les deux talonneurs qui seront sur la feuille de match seront très heureux, et celui qui restera sur le carreau sera très triste. Ce qui n’empêche pas que ce dernier travaillera comme les autres durant la semaine.

Propos recueilli par Arnaud GALES