Au Stade Français depuis 1997, Mathieu Blin s’apprête à repartir pour une saison avec le club parisien. Le talonneur parle de l’ambiance dans le groupe avant cette reprise de championnat.
Mathieu Blin, comment s’est passée votre intersaison sans la majorité des internationaux ?C’est ma troisième Coupe du monde. En 1999, il y avait beaucoup d’étrangers. En 2003, c’était un peu comme cette année. Nous avons intégré énormément de jeunes. Nous avons fait une préparation très bien échelonnée dans le temps. Peut-être un peu moins intense mais beaucoup plus longue. Surtout, c’est une belle manière d’intégrer tous les nouveaux. Les Papé, Attoub, Boussès, Bastareaud… Plus tous les jeunes qui s’entraînent et qui font toutes les oppositions depuis le début de la préparation.
N’est-ce pas dangereux ?Pour le club, c’est peut-être une mise en danger parce que les cadres reviendront tard. Mais c’est pour tout le monde pareil. C’est un très bon moment pour que les jeunes prennent de la confiance. Je trouve ça très positif.
Quels seront les points forts de Paris cette année ?Ça fait dix ans que je suis là et chaque année, c’est pareil. On a l’impression que les nouveaux sont là depuis toujours. Et à juste titre. Il n’y a aucun secret ici. C’est ce qui fait la force du Stade Français. Maintenant, on ne détient aucun monopole de rien. Nous avons été champions de France l’année dernière mais ce qui est sûr, pour les anciens comme pour les nouveaux, c’est que les objectifs sont les mêmes : être champion de France et champion d’Europe. Avec beaucoup d’humilité mais avec ces objectifs. C’est très porteur. Ça donne envie de se donner à fond à l’entraînement. D’être en écoute perpétuelle. C’est ce que les jeunes et les nouveaux adorent.
« Pas plus belle entrée en matière »
Quels seront les adversaires à surveiller ?On pourrait penser aux adversaires habituels mais l’habitude est faite pour être rompue. Quand on voit les surprises Montauban et Albi la saison dernière, je ne vois pas pourquoi ils n’auraient pas encore augmenté leur potentiel avec deux gros mois de préparation. Et puis des équipes comme Dax poseront de grosses difficultés à des équipes qui ont plus l’habitude de ce niveau. Maintenant, on pourra compter sur les gros habituels : Clermont, Biarritz, Toulouse, Perpignan, Paris… Mais je me méfie de plus en plus de l’homogénéisation du Top 14. C’est d’ailleurs très bien pour le rugby.
Quels joueurs devront être surveillés cette année ?Nous bossons tellement ensemble que je vois surtout mes coéquipiers. Je sais qu’il faudra faire attention à Pascal Papé, à Arnaud Marchois, Franck Montanella, David Attoub, Guillaume Boussès, Mathieu Bastareaud… Je sais qu’il faudra les surveiller. Pour les connaître et les découvrir, c’est assez génial de trouver de tels joueurs.
Que redoutez-vous de Clermont, votre premier adversaire de la saison ? Tout. Notamment parce que je n’ai pas joué l’année dernière. Je crains d’abord de ne pas être dans l’équipe. Si je commence, je m’attends à prendre des mecs revanchards. Car même si ce n’est pas une finale, il y aura un contexte particulier, dans un Stade de France, juste après une Coupe du monde. Il y aura un engouement rugbystique. Ça fait beaucoup d’éléments à prendre en compte. J’en connais intimement certains et je sais qu’ils se sont entraînés comme des fous cet été. On ne peut pas faire beaucoup plus grosse, dure, belle et intéressante entrée en matière.
Propos recueillis par Pierrick Taisne,
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